Le Clavier bien tempéré, BWV 846. Chaque mesure est un seul accord, brisé deux fois selon le même motif. L’harmonie dit tout.
L’histoire
En 1722, Bach a réuni 24 préludes et fugues, un dans chaque tonalité majeure et mineure. C’était à la fois la démonstration qu’un clavier accordé de façon « bien tempérée » pouvait jouer dans toutes les tonalités et un cours de composition pour ses élèves. Ce prélude ouvre tout le recueil.
Il repose sur une seule idée : chaque mesure est un accord, déployé en motif ascendant et joué deux fois. Bach transforme ce motif tout simple en un voyage qui s’éloigne de C majeur pour mieux y revenir.
En 1853, le compositeur français Charles Gounod a improvisé une mélodie par-dessus. Avec les paroles de l’Ave Maria ajoutées plus tard, le résultat est devenu l’une des chansons les plus célèbres au monde.
Trois choses à savoir
- Chopin travaillait le Clavier bien tempéré pour préparer ses concerts.
- Il n’y a pas de notes de mélodie au sens habituel : l’air se cache dans l’enchaînement des accords.
- Le livre II, avec 24 autres préludes et fugues, a suivi une vingtaine d’années plus tard.
Comment la jouer
Chaque accord a sa propre couleur. Repérez les mesures qui deviennent soudain tendues, puis sentez-les se résoudre à la mesure suivante.